Summer Wars - Mamoru Hosoda (2009)

Si c'est tichoux et que ça tourne à 24 images/seconde c'est ici.
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On va faire comme si on était des adultes responsables : soyez courtois ou assumez que votre interlocuteur vous réponde sur le même ton. Je jouerai à Zorro si il le faut mais j'aimerais autant éviter. Dans le même ordre d'idée : choisissez le forum approprié, utilisez un titre de sujet clair et évitez les doublons. Merci d'éviter le langage SMS et les messages rédigés intégralement en majuscules. Autant que faire se peut, écrire en français est à privilégier (sans se balancer le petit Robert à la gueule à la moindre faute mais en gardant à l'esprit que le message est fait pour être lu et par conséquent qu'il doit être compréhensible par tous).

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Bref soyez tichoux, discutez et amusez vous bien.

Re: Summer Wars - Mamoru Hosoda (2009)

Postby dievil on 25 Feb 2010, 12:22

Petite consolation pour Absinthe (et pour moi aussi :roll: ) la retranscription du débat d'après projo. Le père Hosoda était manifestement de très bonne humeur :D

Mamoru Hosoda à l'avant-première UGC

Je comprends mieux la ressemblance du monde virtuel avec Murakami
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Re: Summer Wars - Mamoru Hosoda (2009)

Postby Chaka on 25 Feb 2010, 19:29

Vu aujourd'hui en avant première à Grenoble.

Et je me joins à votre concert de louanges ! Malgré le nombre important de personnages, aucun n'est laissé sur le carreau et on s'attache très vite à toute cette smala.
Le choc des générations donne lieu a des situations tantôt hilarantes tantôt émouvantes et toujours avec une justesse de ton remarquable.
La mise en scène joue très bien sur l'opposition entre le monde virtuel mondialisé et la maison aux multiples cloisons ouvertes dans laquelle évolue la famille. Les cadrages à plusieurs personnages et le jeu sur les ouvertures m'a souvent rappelé les deux derniers films de Kurosawa (qui d'ailleurs abordent les mêmes thèmes).
L'histoire en elle même tient toutes ses promesses sur une durée pourtant conséquente (presque 2h).
Bref, ce film est une merveille !

Maintenant, va falloir que je me décide enfin à voir la traversée du temps...
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Jamais trop tard

Postby oOo on 19 Mar 2010, 00:00

Au risque de sortir du sujet, quelqu'un a déjà tâté l'oeuvre de l'écrivain Yasutaka Tsutsui, à l'origine de Paprika et La Traversée du temps ?

En faisant un tour sur la page wiki, il semble s'être plutôt bien interrogé sur l'idée de fiction via tout un tas de concepts genre la métafiction, l'hyperfiction ou encore la cyberfiction (pfiou). Etant complètement étranger à ce domaine et à ces idées, est-ce que ça fait sens pour l'un d'entre vous ? Du moins, suffisamment pour établir un lien avec les films cités ?

Au cas où, une très courte interview inglish du bonhomme.

(malheureusement une partie de ses livres n'ont toujours pas été traduit)

(pourtant Yann Moix a tenté une adaptation de son oeuvre récemment) :mrgreen:
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Re: Summer Wars - Mamoru Hosoda (2009)

Postby Sonocle_Ujedex on 4 May 2010, 17:55

L'absurde séance à Nantes, salle Katorza, proposera Summer Wars en avant-première le jeudi 06 Mai à 22h15 en VO.
http://katorza.cineville.fr/programmes.php?salle=katorza#0000990400
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Re: Summer Wars - Mamoru Hosoda (2009)

Postby oOo on 9 Jun 2010, 13:44

Sortie nationale aujourd'hui !! (mais petite distribution) :tichoux: :tichoux:

En faisant le tour des critiques, difficile de ne pas penser au texte d'@si sur les jeux vidéo tant la plupart des critiques se limitent à l'aspect néfaste de la virtualité, certains vont même jusqu'à dire que le réalisateur "fait la leçon & rappel les vertus du Japon éternel" aux "ados fous de jeux vidéo". On est vraiment en 2010, ou c'est une blague ce manque de discernement ? Ou alors juste de la paresse ?

Faudrait voir quelle est la réponse critique du milieu spécialisé, qui peut pas être autant à la ramasse.

:?:

En tout cas, si vous pouvez, allez-yyyyy :tichoux:
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Re: Summer Wars - Mamoru Hosoda (2009)

Postby Sonocle_Ujedex on 9 Jun 2010, 15:33

C'est presque aussi énervant que les critiques qui se basent sur Pearl Harbor et les peintures de Kandinsky pour juger Evangelion 1.0.
Non, c'est encore plus énervant vu que ces références culturelles à côté de la plaque sont combinés avec une incompréhension totale pour le propos du film (que Hosoda a pourtant explicité à maintes reprise ne serais-ce qu'en interview) dut à une morale d'inspiration "JT France 2 vs GTA et Internet".

Arno, save us ! :cry:

(j'ai bientôt fini le montage de mes podcasts en 4 parties sur Hosoda pour fêter cette sortie nationale, je suis content :geek: )
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Re: Summer Wars - Mamoru Hosoda (2009)

Postby kalu on 9 Jun 2010, 16:05

J'en sors et c'etait vraiment de toute beauté, et je me join au compliments ci dessus.
Juste une réserve quand meme, je trouve que la fin est un peu trop remplie de certaine des scories visuelle de l'animation jap'. A part ça que du bon.
Sinon c'est vrai que la distribution du film en France est juste honteuse...
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Re: Summer Wars - Mamoru Hosoda (2009)

Postby Sonocle_Ujedex on 9 Jun 2010, 16:20

kalu wrote:J'en sors et c'etait vraiment de toute beauté, et je me join au compliments ci dessus.
Juste une réserve quand meme, je trouve que la fin est un peu trop remplie de certaine des scories visuelle de l'animation jap'. A part ça que du bon.
Sinon c'est vrai que la distribution du film en France est juste honteuse...


Tu veux comme la posée de carte super-épique qui tombe comme un météore fluo qui suit une transformation en ange éblouissant aux ailes dorées ?

C'est clair que c'est trop over-the-top à la façon des anime (même dans Yu-gi-oh on pose les cartes comme ça :ugeek: ) mais tout ce quis e passe dans Oz est déjà assez fou comme ça, tu te pose plus trop de question, surtout au moment d'un gros climax comme ça (mine de rien, faire du koi-koi un pistolet de chekhov pour la semi-bataille finale avec du gambling de compte Oz, quand tu sais que c'est l'aspect jeu, amitié et communauté qui prime dans ce film, c'est bien joué).

D'ailleurs est-ce que des gens ont déjà considérés le fait de voir Digimon 02 : Our War game (40 minutes) avant de voir Summer wars. C'est là qu'on se rend compte que l'écriture du scénario de Summer Wars a été peaufiné et retravaillé pendant très longtemps en fait. Pas étonnant, fluide et clair comme il est. Même esthétiquement, il y a déjà eu une préparation du terrain (et c'est là qu'on voit où débute tout le boulot de Hosoda sur sa vision du "monde virtuel" bien avant Superflat Monogram).
(accessoirement, si vous pouvez voir le premier film Digimon, de Hosoda aussi. C'est juste 20 minutes et ça se passe avant la série, donc vous risquez pas d'être largué)
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Interview Mamoru Hosoda

Postby Arno on 9 Jun 2010, 16:21

Bon ben je l'avais promis à l'époque, vu que j'ai signé un papier pour le Figaro Magazine où je n'ai pu utiliser que 10 % de mon interview de Hosoda et que ça me fait un peu chier de laisser le reste au fond d'un tiroir, je vous balance l'intégralité de l'entretien. Vous allez voir, les réponses sont super intéressantes, notamment quand il parle de son parcours, de l'animation japonaise et de Ghibli. Enjoy les aminches !


Interview Mamoru Hosada :

Selon vous, comment a évolué l’animation japonaise ces 20 dernières années ?
Je dirais que la spécificité de l’animation japonaise d’aujourd’hui vient en effet des années 90, tout simplement parce que c’était une période où beaucoup de changements sont intervenus. Dans les années 60-70-80, les dessins animés japonais étaient vraiment faits pour les enfants, même si on a eu quelques séries qui ont réussi à atteindre les adultes, comme Gundam ou Yamato. Dès les années 90, les films des studios Ghibli ont commencé à rapporter énormément d’argent. Porco Rosso ou Princesse Mononoké ont ainsi rapporté des sommes considérables et ont montré à l’industrie que les enfants n’étaient pas les seuls à regarder des dessins animés. Et c’est aussi dans les années 90 qu’a explosé le phénomène Sailor Moon, qui a rapporté plusieurs centaines de milliards de yens de bénéfice, et que la saga Evangelion a vu le jour, saga qui passionne encore un très gros noyau de fans. Ces séries ont marqué le public geek, qui est un public de niche mais un gros public quand même. Et donc, voilà ce qu’ont apporté les années 90 : désormais, l’animation japonaise allait s’adresser en priorité au grand public, sur le modèle de Ghibli, et aux geeks, sur le modèle d’Evangelion.

Pouvez-vous nous expliquer ce qui s’est passé sur Le Château ambulant ?
Je suis désolé mais, avec Ghibli, nous nous sommes mis d’accord pour ne pas trop évoquer cette histoire. Donc je peux vous raconter comment ça s’est passé mais je vais être assez évasif sur certains détails. Est-ce que ça vous convient ?

Allez-y. Mais en fait, sans forcément rentrer dans les détails, c’était surtout pour savoir, malgré tout le respect que l’on peut avoir pour l’œuvre de Miyazaki, si ce n’est pas difficile, pour un jeune animateur, de travailler chez Ghibli lorsqu’on essaie de faire autre chose que du Miyazaki…
Oui, c’est ça. Le studio Ghibli est une structure qui a été créée essentiellement pour permettre à monsieur Miyazaki de produire ses œuvres et malheureusement pas pour créer d’autres choses. Le succès de Ghibli a donné une position assez délicate à la production animée nippone car, aujourd’hui, au Japon, on considère que seuls les dessins animés du studio Ghibli méritent d’être vus. Et je pense que ce n’est pas une situation très saine pour notre marché de l’animation. Or, fondamentalement, il y a la place pour les films du studio 4°C, du studio Madhouse ou de Toei Company, car ce ne sont pas des studios Ghibli que naîtront les nouveaux talents. Et pour revenir au Château ambulant, l’expérience que j’ai eu au studio Ghibli a été très enrichissante. J’ai été embauché à l’époque parce que le producteur du studio, monsieur Suzuki, souhaitait commencer à former de nouveaux réalisateurs. Et c’est comme ça que j’ai eu la chance d’être choisi par eux pour faire Le Château ambulant. Hélas, je ne me suis pas entendu avec l’équipe d’un point de vue artistique et logistique, mais j’ai quand même beaucoup appris de cette courte expérience. Tout simplement parce qu’à l’époque où je travaillais chez Toei, j’avais cette sorte de posture un peu adolescente : je souhaitais réaliser des choses très sophistiquées, extrêmement sombres et classieuses. Je me disais que j’allais faire des œuvres tourmentées pour pouvoir faire passer un message, mais en fait, en travaillant sur Le Château ambulant, je me suis aperçu que c’était beaucoup plus gratifiant de faire passer un message en allant vers la rondeur et la simplicité. Même si ça a l’air plus classe, la complexité et les tourments ne permettent pas d’atteindre le public avec autant d’impact. La simplicité est le meilleur des vecteurs pour faire passer un message. Et vu que c’est de cette constatation que sont nés La Traversée du temps et Summer Wars, du coup, je ne regrette absolument pas d’être passé par le studio Ghibli.

Mais et la relève du studio Ghibli alors…
Effectivement, c’est une question qu’on se pose beaucoup au Japon. Monsieur Miyazaki a quand même 69 ans donc tout le monde se demande « qui sera le prochain Miyazaki ? », mais c’est une question un peu bizarre, parce que le prochain Miyazaki, on le connaît, c’est son fils Goro. Il est déjà là, le second Miyazaki, donc il n’y a pas à chercher bien loin. Et de plus, je ne pense pas que monsieur Miyazaki se cherche un héritier dans le monde de l’animation car il n’a vraiment pas poussé son fils à faire ce métier. Donc, pourquoi chercher un autre Miyazaki alors qu’on en a déjà un qui est très bien. D’autre part, je pense que l’animation japonaise doit évoluer avec son temps. Tout comme Leonard de Vinci continue d’exister aujourd’hui uniquement par ce qu’il nous a légué, il faut laisser l’animation japonaise évoluer plutôt que de vouloir à tout prix trouver une suite à Miyazaki. Surtout que, de toute façon, ce sont les spectateurs qui choisiront.

Comment avez-vous été amené à travailler avec le studio Mad House et, selon vous, que représente ce dernier dans le milieu de l’animation japonaise ?
Tout a commencé au moment où j’ai quitté Ghibli. Venant de la Toei, j’étais plus ou moins destiné à aller chez Ghibli, mais j’ai eu la chance de rencontrer monsieur Masao Maruyama, qui est le président du studio Mad House, avec qui j’avais fait des petites choses auparavant et qui m’a proposé de faire un film avec eux. J’ai eu de la chance car Mad House est une société très importante dans le paysage de l’animation japonaise : ils mettent l’accent sur les auteurs plus que sur les productions. Je pense que c’est d’ailleurs la seule société japonaise à fonctionner comme ça, en mettant les auteurs au centre du processus de création. Grâce à ça, j’ai pu réaliser les dessins animés que je voulais. Je pense que c’est grâce à cette politique que Mad House produit des œuvres aussi originales.

Est-ce qu’il y a une sorte d’esprit Mad House, une sorte d’émulation entre les réalisateurs qui y travaillent ?
Non, pas vraiment, ça ne fonctionne pas comme ça chez Mad House. Mais ça ne fonctionne comme ça dans quasiment aucun studio. Si l’on prend l’exemple de Ghibli, monsieur Takahata et monsieur Miyazaki, lorsqu’ils travaillent sur leurs films respectifs, ne se parlent jamais. Moi, lorsque j’étais sur Le Château ambulant, je n’ai jamais parlé avec monsieur Miyazaki. Sauf chez Toei. Là, on discutait beaucoup entre nous. On était tous de joyeux réalisateurs et de joyeux directeurs de l’animation ! (rires) On venait se voir en se disant « Oh dis donc, ta scène, elle est pourrie ! Qu’est-ce que c’est que ça ? ». on allait boire des coups en s’envoyant des vannes, c’était très sympa cette ambiance de caserne. Bon, et chez Mad House, il arrive quand même que l’on se voit et que l’on discute d’animation. Par exemple, je suis très ami avec Keiichi Hara, le réalisateur d’Un été avec Coo, et ça nous arrive de discuter de nos films, d’échanger des points de vue et des conseils sur ce qu’on fait. C’est vrai qu’il a une dizaine d’années de plus que moi et que j’ai donc plus à apprendre de lui qu’il n’a à apprendre de moi, mais on se voit souvent pour discuter de nos projets en cours.

D’où vous vient ce goût pour les univers parallèles qui communiquent entre eux ?
C’est vrai que c’est un thème que j’aime explorer. Principalement parce que j’ai envie de dessiner le monde réel, à la base. Et que pour donner plus d’importance à ce monde réel, je lui oppose un autre monde. De plus, pour les personnages, revenir d’un monde parallèle les aide à davantage profiter de leur propre monde. Par exemple, dans Summer Wars, toutes les séquences qui se déroulent dans le monde virtuel sont suivies par des séquences reprenant pied dans un monde réel plus rassurant. On est toujours content de rentrer chez soi et il ne faut pas sous-estimer ou négliger son entourage. Lorsqu’on revient du virtuel, on retrouve sa famille et on est heureux d’être en son sein.

Summer Wars est un film plutôt hybride. Comment avez-vous réussi à concilier la chronique familiale intimiste et l'abstraction de la virtualité ?
C’était en effet l’un des défis du film. Mais en même temps, c’était tout le propos du film que de faire cohabiter ces deux univers, tout simplement parce que je voulais mettre en parallèle les relations qu’on a avec des gens que l’on a connus sur Internet et que l’on a jamais rencontrés de notre vie, et les liens familiaux. Car les liens que l’on tisse au cours de notre vie n’ont finalement que l’importance qu’on leur donne. Évidemment, je ne voulais pas tenir un discours manichéen prétendant que certains types de relations sont meilleurs que d’autres. Je voulais avant tout montrer la combativité et la vitalité d’une famille réunie contre une même cause. Je trouvais ça intéressant de faire reposer le destin du monde non dans les mains d’un super-héros tout puissant mais dans celles d’une famille toute simple qui décide de se serrer les coudes face à l’adversité et de partir en guerre par le biais d’Internet. Du coup, j’ai vraiment cherché à bien différencier les deux mondes, dans leurs ambiances, leur tonalité graphique…

Aviez-vous une volonté de réconcilier, à travers ce film, le Japon ancien et rural et la haute technologie des grandes villes modernes ?
Tout à fait, il s’agissait vraiment de réconcilier les différentes générations entre elles. C’est d’ailleurs pour ça que les deux héros de Summer Wars sont un jeune garçon et une grand-mère de 89 ans. Quand on parle d’Internet et des nouvelles manières de communiquer, vous allez avoir une séparation nette entre les générations. D’un côté, les jeunes, qui sont très adeptes de toutes ces nouvelles technologies comme le tchat ou les messageries instantanées, qui sont très absorbés par tout ça et qui ont tendance à négliger leur entourage direct. Et de l’autre, on a les personnes âgées, qui ne vont même pas essayer de s’intéresser à ces nouveaux modes de communication, qui vont tout rejeter en bloc et regretter à tue-tête leur bon vieux temps. Et ça ne m’intéressait pas de prendre parti pour l’un des deux groupes. Ce que je voulais dire, c’est que, réels ou virtuels, les échanges qu’on a avec autrui ne sont pas définis par les moyens de communication qui nous permettent de les exprimer mais bien, encore une fois, par l’importance qu’on leur donne. C’est l’échange en lui-même qui est important.

La deuxième partie de Summer Wars, de même que votre court-métrage Superflat Monogram, récupère l’esthétique du Superflat. Qu’est-ce qui vous intéresse dans ce courant artistique ?
Ce genre d’univers flottant est pour moi empreint de nostalgie puisque la première fois que je l’ai utilisé, en 1999, j’étais alors réalisateur du long-métrage Digimon. Et monsieur Takashi Murakami, qui est designer pour Louis Vuitton et qui est l’un des artistes les plus représentatifs du Superflat, cette sorte de pop-art nippon, est venu me voir pour me dire qu’il avait adoré ma représentation de cet univers flottant dans Digimon. Du coup, il m’a demandé de mettre en scène cet univers à l’occasion d’un court-métrage promotionnel pour Louis Vuitton. Et c’est comme ça que nous avons collaboré sur Superflat Monogram en 2003, sur lequel j’ai été totalement libre. Quand j’ai conçu l’univers virtuel de Summer Wars, je me suis dit que j’allais à nouveau utiliser cela car j’ai beaucoup d’affinités avec ce concept visuel.

Comptez-vous retravailler avec Mad House ?
J’aimerais bien mais, malheureusement, je ne sais pas car, Mad House, en choisissant de privilégier la vision des auteurs, ne réalise pas vraiment de bonnes performances financières. Et cela peut, à terme, remettre en cause son existence même. Auquel cas ce serait triste car je devrais trouver une autre structure pour produire mes films.

Pourtant, Summer Wars a été un gros succès au Japon…
Le problème, c’est que pour un Summer Wars, vous avez un certain nombre d’autres productions du studio qui ne gagnent pas autant d’argent. Je ne pense pas qu’avec un Summer Wars, on puisse redresser une situation financière pas très confortable.
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Re: Summer Wars - Mamoru Hosoda (2009)

Postby Sonocle_Ujedex on 9 Jun 2010, 16:57

J'aime beaucoup cette interview. Ça confirme à peu près tout ce que pensais de Hosoda et de l'évolution de son style post-Ghibli et de la crainte qui plane autour de l'avenir de la japanime au cinéma.
D'ailleurs, avant d'être chez Madhouse, Hosoda est resté encore un coup chez Toei pour se ré-orienter vers un autre projet "pour enfant" qui lui permettrait de se remettre sur les rails et s'exprimer à travers une license garantissant un succès immédiat : One Piece le film 06, une anomalie stylistique et esthétique parmi les autres films de One Piece sans trahir l'esprit d'origine pour autant.
C'est intéressant parce que le thème de ce style, c'est justement la dernière fois qu'il fait quelquechose de "sombre", mais c'est surtout à travers le scénario de ce film que son ressenti de l'époque Ghibli se laisse entrapercevoir : l'histoire du capitaine qui perds petit à petit son équipage et qui n'a plus personne pour le soutenir à la fin. Un parallèle révélatrice, je trouve.

Also, voici des rares extraits de storyboards du Chateau Ambulant version Hosoda : http://www.manganimation.net/news/2008/04/le-chateau-ambulant-selon-mamoru-hosoda/

Merci beaucoup Arno. Tu as vraiment trouvé des questions super pertinentes et importantes à lui poser. :tichoux:
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